mercredi 23 janvier 2019

Arubaba et les 40.000 voleurs


Oranjestad, Aruba
12°31Nord 70°1.Ouest   UTC -4  Temp : 29°
Distance  parcourue : 9727 km, Waterloo à 8.248 km.

Pas d’erreur. Le Capitaine s’est trompé de route. Nous avons  accosté à Disneyworld.
Une fois passées les grilles du Magic Kingdom, nous voilà devant le château de la Belle au Bois Dormant.

C’est bien lui, avec ses murailles rose bonbon, ses balcons bleus nunuches, ses toits en meringue, et ses escaliers traditionnels vers le rez-de chaussée mais des escalators vers le premier étage (pas cons, les Hollandais). Au rez, bien entendu, les boutiques de marques,des diamants et du bling-bling, et au 1er, les T-shirts, les colifichets  et autres casquettes de base-ball.



Un tram typique (d’où?) emmène gratuitement les croisiéristes tout au long de Main Street (c’est bien son nom, à Disney comme à Aruba) où ils peuvent admirer le Burger King, le Prada et le Starbuck’s. La ville est quadrillée de hauts-parleurs ; où qu'on soit, on ne peut échapper à la musique caribéenne.
Au terminus, à la marina, on peut se désaltérer d’une Balashi Hopi Bon (revoir la leçon de papiamento de Curaço) qu’on peut payer en $, et pas en florins arubéens.
Et pour couronner le tout, ce soir, on passe à GMT-5, l’heure d’Orlando.
Là, c’est sûr, on se rapproche des États-Unis…

Au retour, Manneken-Pis, qui avait pris un peu trop de soleil, s'est acheté un tube d'aloé vera, dont Aruba est un des producteurs les plus importants... Il l' ajouté à sa valise.


MM

mardi 22 janvier 2019

« Con cos ta ? »

                                                       
                                                          Willemstad, Curaçao
                                       12°31Nord 70°1.Ouest   UTC -4    Temp. 29°

Curaçao, c’est bleu comme le curaço, ou encore comme le bleu de Delft des maisons d’Amsterdam. Et on y parle néerlandais, le long des canaux, en regardant jouer non pas des harengs, mais des poissons-perroquets. C’est très surréaliste. 


Le Belge s’y sent tout de suite à l’aise, d’autant plus que langue usuelle, contrairement au néerlandais qui n’est que la langue officielle, celle qu’il « faut » utiliser, est le papiamento, la langue des Arumbayas  dans  « L’oreille cassée ». 
On comprend tout, (en tout cas celui qui a quelques notions de portugais ou d'espagnol) sans avoir suivi un seul cours, et on rigole tout le temps. 
Résultat, pendant que les visiteurs « normaux » photographiaient  les 300m de façades colorées (un peu une arnaque), moi j’étais à la recherche des annonces et des conversations en arumbaya. Entendre quelqu’un demander : « Con cos ta ? »                        Et l’autre de répondre : « Mi ta bon, danki ! » MDR...                                          
Ou à la terrasse : « E meneer lo paga pa tur cos                                                                Son voisin de table gêné: « Porfabor papia un tiki mas poko poko » Et je pleure de rire...










Voilà, ça ne concerne que moi, mais donc, quitte à me répéter,  en ce qui me concerne, je suis heureux d’avoir été Tintin pendant un jour.
Et en rentrant, Manneken-Pis s'est offert un ouvre-bouteille "pirate des Caraïbes" qu'il va ajouter à sa valise...



MM

Le coup de coeur de Marie-Christine






Willemstad et l’alignement de ses maisons coloniales  colorées dans le centre historique de  Punda, au bout du pont flottant, influencées par le style hollandais.

Les poissons qui viennent nous saluer aux vitres de notre sous-marin. 
Rappel, je ne connais pas la vie sous- marine, (n’ayant jamais osé mettre la tête sous l’eau)  si ce n’est grâce aux aquariums géants mais ce n’est pas la même chose de se retrouver au milieu d’eux, petits et grands.

MCM

dimanche 20 janvier 2019

Chats cha-cha






San Juan, Puerto Rico, 18°27 Nord, 66°06 Ouest,   UTC -4 Temp. : 28°

Lorsqu’on découvre Puerto-Rico du deck 13, en déjeunant, la première impression est un peu mitigée : certes, au loin, il y a un Capitole d’un côté, et un fort de l’autre, mais au centre c’est quand même une masse urbaine compacte. En débarquant, c’est donc plutôt « Aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, Puerto-Rico » de Vaya con Dios qu’on fredonne.                                         ( https://www.youtube.com/watch?reload=9&v=1ezoHD_FynQ ).
Mais en déambulant sur le Malecon, en bord de mer, le long des murailles, le charme opère rapidement : les bruits stridents de la circulation s’estompent et le doux ressac des vaguelettes s’impose, apaisant. Les senteurs marines qui s’étaient gracieusement substituées aux gaz d’échappements sont malheureusement vite surpassées par des émanations gazeuses plus sulfurées rappelant celles émanant des toilettes des camps scouts. L’explication nous apparaît aussitôt, sous la forme d’une affiche annonçant que la ville s’est lancée dans un programme de capture-stérilisation-remise en liberté de l’armée de chats qui avait fait son territoire de toute la zone périphérique des remparts. Amoureux des chats, nous séchons une larme et applaudissons cette initiative intelligente tout en retenant notre respiration. Tous les 100m, de petites mangeoires leurs assurent un accès illimité à leurs croquettes préférées (pas encore sponsorisées, mais cela ne saurait tarder). 




Passés les remparts, la vieille ville célèbre aujourd’hui la San Sebastian (la Sanse, pour les connaisseurs). C’est un peu leur carnaval, en tous cas la plus grosse fiesta de l’année, et tout Puerto-Rico semble s’être donné rendez-vous dans la Calle San Sebastian pour guincher. Ceux qui connaissent l’Amérique du Sud savent ce que ça implique : foule compacte qui défile en dansant, yarda* à la main, tambours, grosses caisses, trompettes, sifflets, bref, plus ça fait de bruit, mieux c’est. Nous nous réfugions dans un bar où le patron augmente le son de sa chaîne pour que la voix de Witney Houston puisse couvrir les bruits de la rue. Bodyguard contre cha-cha-cha …Je photographie mon sonomètre pour ne pas  une fois de plus être accusé d’exagérer : 89 décibels.


Malgré le bruit, je me souviens, bien à propos, de l’article R. 231-34 du code du travail français :
Si le bruit dépasse 80 dB(A) et que l'évaluation des risques montre un risque pour la santé, le travailleur peut bénéficier, à sa demande ou à la demande du médecin du travail, d'un examen audiométrique préventif.
 À l’heure où j’écris ces lignes mes acouphènes commencent doucement à s’estomper, et j’ai cru entendre la corne de brume du MSC Magnifica lorsque nous avons quitté San Juan pour gagner les eaux calmes des Caraïbes.


*yarda : verre typique de la Sanse de Puerto-Rico, en fait un double verre qu’on tient par le centre, qu’on partage, et qui contient rarement du lait. Manneken-Pis en a mis un dans sa valise.
MM

Le coup decoeur de Marie-Christine



Pourquoi les Îles Vierges sont-elles vierges ?





Charlotte Amalie, Îles Vierges U.S.
18°20 Nord 64°55 Ouest    UTC: -4  Temp. : 29°



La boutade veut que la pure laine soit vierge parce que les brebis courent plus vite que les bergers . On peut donc légitimement se poser la question : pourquoi les Îles Vierges sont-elles vierges ?  

Rien à voir cependant avec la vitesse de sprint des Indiennes Caraïbes et des hommes de Christophe Colomb, ce dernier leur ayant donné ce nom en honneur de Sainte Ursule, la pauvre, massacrée à coups de flèches avec ses dix copines par les Huns et les autres. 
Les autres, dans le cas qui nous occupe, ce sont les Américains. 
Obsédés comme on le sait par l’hygiène, atteints de paranoïa chronique et dénués de toute forme d’humour migratoire, l’arrivée d’un bateau comme le MSC Magnifica est considérée comme un danger potentiel qu’ils ne peuvent traiter à la légère. 
Dès le départ de Saint-Martin, le personnel s’affaire :  repeint la coque avec des peintures anti-terroristes, teste les canots de sauvetage,  jette à l’eau les céleris des Bloody-Marys, met à l’épreuve  les portes étanches pour pouvoir isoler les passagers enrhumés.

Et côté passagers donc, ce n’est pas mieux : pour pouvoir monter à bord à Saint-Martin, le personnel aura dû désinfecter toutes les mains (il y en a 2.500 x2 = 5.000), et pour débarquer à Charlotte-Amalie (capitale des donc Îles-Vierges-pour-encore-longtemps), il faut remplir le célèbre formulaire I-94 où on certifie sur l’honneur (l’avocat d’Oncle Sam attend au tournant) qu’on ne souffre d’aucune maladie honteuse et qu’on ne va pas fumer du hash devant des enfants de moins de seize ans. Après une heure de queue (le contrôle est visuel et individuel), prenant garde à ne pas éternuer au nez de l’agent d’immigration monté à bord (un métier risqué), le croisiériste se voit alors délivrer le sésame : un visa d’entrée aux Etats-Unis. 

Les Îles Vierges en font officiellement partie, ayant donc acquis le droit de se taire (ils ne sont pas un État et n’ont pas le droit de vote) en échange du devoir de déposer leurs médailles olympiques dans l’escarcelle de l’Oncle prodigue.






                                   Magens Beach, d'en haut, puis dedans

Une fois à terre, on oublie vite les désagréments.  Le charme des Caraïbes opère rapidement. Je laisse à d’autres (suivez mon regard) le soin de le décrire. C’est « trop top » comme on dit maintenant.
MM

Le coup de coeur de Marie-Christine




samedi 19 janvier 2019

Saint-Martin, le ring et la rue Neuve



Philipsburgh, Saint-Martin
 18°4 Nord 63°4 Ouest  UTC -4  Temp./ 25°


                                                                             Philipsburgh Main street   

Saint-Martin, c’est une Belgique en miniature, mais à l’envers : au nord, une partie française, et au sud, une partie hollandaise. Le tout, cerclé par un « ring » de 75 km, quasi celui de Bruxelles, est également embouteillé en permanence. 

La rue principale de la ville où on accoste, charmante au demeurant, se transforme en enfer quand accoste un bateau comme l’Oasis of the Seas (le plus grand du monde, 6.296 passagers). 

Lorsque s’y ajoutent des MSC et des Costa (le mercredi, neuf bateaux), on ne croise en rue que des touristes, des rabatteurs et quelques locaux en quête de refuge. 

      MSC Magnifica    

Pauvre île (une antiphrase), qui retrouvera son calme après 18 heures, lorsque les casinos flottants auront levé l’ancre.

                                Oasis of the Seas  18:00
MM

jeudi 17 janvier 2019

Rythme de croisière


 
 
UTC -2, -3, -4


Difficile de parler de jours en mer sans parler des restaurants et des bars. Forcément, avec 100% du temps passé à bord, cinq restaurants* et douze bars**, on y passe un certain temps, à moins de camper à la piscine le matin (en évitant les deux bars), d’aller à la salle de sport l’après-midi (en sortant sans passer devant le bar) et de passer la nuit au casino (en tournant le dos au bar).



Les statistiques sont formelles, le croisiériste moyen prend 1 kg par semaine. Partis pour 4 mois, en toute logique, nous devrions revenir avec 16 kilos supplémentaires.
Ceci étant donc devenu notre objectif, voyons comment nous allons y parvenir :


Un bon « english breakfast ». Rien de meilleur, of course : un œuf sur le plat, une petite saucisse, du bacon, des baked beans , des toasts et un Earl Grey. 

Bien sûr, pour les sucrés, il y a le buffet viennoiseries et les expressi, pour les salés le buffet charcuterie, gaffelbiters, pumpernickel, et pour les adeptes de la diététique, le buffet yaourts, céréales et fruits frais.

Au déjeuner, c’est plus compliqué. 
À tribord, c’est la cafeteria. Rien que du léger : un choix de quatre pizze, quatre pâtes, deux salades, deux hamburgers et cinq mètres de desserts. Ça, c’est pour les croisiéristes qui désirent se réserver pour le soir. 
À bâbord, c’est plus sophistiqué : un long buffet de préparations chaudes, une rôtisserie et cinq mètres de desserts. Ça, c’est pour les croisiéristes pour qui le déjeuner est le repas principal. 
Le troisième type de croisiéristes est constitué de ceux pour qui les trois repas sont principaux : ce sont ceux qui vont prendre 16 kilos.

Le quatrième type, c’est ceux qui croient en Dieu et parviennent à adopter le rythme... C'est nous !
























Bel arrêt pipi après libations....



* Voir menu du soir sur la photo.
** Mojito (classic, mango, aloe vera, razz, jameson), caipirinha, skyypiroska, tropical trooper, blue-on-blue, coco loco, aviation fizz, lavender margarita, mimosa blossom,kir royal, bellini, martini (shaken, not stirred), cosmopolian, daiquiri, long island iced tea, mai-tai, moscow mule, negroni, bloody mary, tequila sunrise, margarita, piña colada, white russian, Bailey’s Alexander, tout ça à volonté, bien sûr…



lundi 14 janvier 2019

La dyspraxie visuo-spatiale maritime


Quelque part dans l'Atlantique nord



Ça y est, le diagnostic est sans appel : nous souffrons tous les deux de la forme maritime de la dyspraxie visuo-spatiale.

Faut dire que la marine n’a pas fait grand-chose pour faciliter les choses : l’avant est devenu la proue, l’arrière la poupe, la gauche bâbord et la droite tribord. Verticalement, ce n'est pas mieux : le rez-de-chaussée est maintenant le pont 4 et la mezzanine le pont 14 à l’arrière et  le pont 15 à l’avant (pardon, je commence mal, 14 à la poupe et 15 à la proue). 

MSC a astucieusement introduit quelques subtilités supplémentaires pour amuser les croisiéristes : ainsi la cabine 1012 ne se trouve pas en face de la 1013 comme dans n’importe quel hôtel. La 1012 se trouve au bout du couloir tribord du pont 10 et la 1013 au bout du couloir bâbord du même pont ( à100 mètres de la première). Donc, les cabines paires sont à tribord, et les impaires à bâbord. Au restaurant, c’est pareil, les tables paires sont à tribord, et les impaires à bâbord. 

Aller de la poupe (les restaurants) à la proue (notre cabine) ne constitue donc pas a priori un problème, si ce n’est que quelques ponts sont interrompus par des théâtres, des piscines, des salles de sports ou d’autres bars. Il faut alors emprunter l’un des 13 ascenseurs pour gagner un pont « facile » (= qui va de la poupe à la proue sans barrage). Tous les ascenseurs font face à la proue, donc c’est facile, quand on en sort, pour aller à sa cabine paire, on file à droite, ou à gauche pour gagner une cabine impaire. Il y a une seule exception : les ascenseurs des restaurants font face à la poupe. 

Je résume par un petit exemple : 

Nous voulons de notre cabine 10012 rejoindre notre table 531 au resto. 
Comment faire ? :

1.    Prendre l’ascenseur vers le pont 7, qui est un pont « facile ».
2.    Faire demi-tour (vers la poupe) et parcourir les 300 mètres du bateau.
3.    Prendre l’ascenseur jusqu’au pont 5.
4.    Entrer dans le restaurant par la porte de gauche et trouver la table 532.
5.    Râler parce qu’on s’est trompé de côté et repasser par l’entrée tribord sans avoir l’air con.
y    Retourner à la cabine n'est pas de tout repos non plus. Pour en savoir plus, copiez-coller cette URL YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=dSQu11u1Sjo 

Ajoutons à cela que la déco tribord est un reflet à l’identique de la déco bâbord, et vous aboutissez à des situations ubuesques où l’un (ou l’une, ne soyons pas sexistes, mais vous me comprenez) peut attendre l’autre un quart d’heure à la sortie des toilettes, ou à une table de la pizzeria,, pendant que ce même autre fait le tour du bateau avec deux assiettes de pizza (qui refroidissent) en main pour retrouver d’où il est parti. Ou encore se retrouver à la proue du bateau, comme di Caprio dans Titanic, en retard pour une activité prévue il y a 5 minutes à la poupe, irrémédiablement à 10 minutes de la proue.

Le médecin de bord est formel : la latéralité est neurophysiologique : les influx nerveux qui proviennent de chaque côté du corps et devraient confluer vers les côtés opposés du cerveau ne circulent plus de manière ordonnée. Un bon coup de roulis ou un gin & tonic bien tassé qui vous font exécuter une volte n’arrangent pas les choses.
Une seule solution : regarder l’océan et comprendre dans quel sens le bateau avance..




                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                               

Exemple : Les toilettes du Grand Bleu (l'Espace Piscine). Bâbord ou tribord ?                                                                                                                                                                          Le seul problème... S'il n'y a pas de hublot à proximité, il faut monter au pont 13, qui n’est pas un pont « facile ». 
Et donc quand on y monte, on ne sait plus où on est en en revenant…

MM