jeudi 18 avril 2019

Abu-Dhabi - Dubaï, le derby arabe

                           
Abu-Dhabi, Dubaï, Émirats Arabes Unis
25°3 Nord 55°10 Est    UTC +4   Temp. : 30°
                             Distance  parcourue : 49.921 km, Waterloo à 5.147 km                                                                                              
                                                
Entre Sheikh Kalifa ben Zayed al Nahyan ( ٱلـشَّـيْـخ زَايِـد بِـن سُـلْـطَـان آل نَـهْـيَـان , Sheikh Zayed pour les intimes), et son ami Sheikh Mohammed bin Rashid al Maktoum, ça a toujours été à celui qui fait pipi le plus loin. 

Le premier a le pétrole, le second a les idées.
Quand le premier crée Etihad Airways, le second crée Emirates. Quand Abu Dhabi construit le plus grand port pétrolier au monde, Dubaï réplique par la plus grande zone franche, puis surenchérit avec la construction du premier hôtel sept étoiles au monde (Burj al-Arab) à l’inauguration du six étoiles « Emirates ».
Le petit Mohamed fait la course en tête : une piste de ski, une île artificielle en forme de palmier ?
Le p’tit Zayed  réplique en ouvrant Le Louvre 2.                       
Mohamed : Ah, c’est comme ça ? Alors je construis le building le plus haut du monde (828 mètres).
Plus tard…. Zut, j’ai plus de sous. 
Zayed : Tiens, je te prête 10 milliards de $, mais alors tu donnes mon nom à ta baraque (Burj Kalifa).
Mohamed : O.K., mais alors tu construis la tour la plus haute d’Abu Dhabi et tu lui donnes mon nom, d’accord (Mohamed Tower, 350 mètres) ?


Dubaï, Burj Kalifa, la tour de tous les superlatifs :  la plus haute du monde avec 828 mètres. Les ascenceurs font 6 étages à la seconde. Plus de 500 hectares habitables. 

À  ses pieds, le Dubaï, le Dubaï Mall, le plus grand centre commercial au monde avec une surface totale de 112 hectares, 1200 boutiques, une avenue de la mode avec 450 magasins de haute couture, un souk de l'or avec 200 bijoutiers, le Dubai Aquarium, l'un des aquariums les plus grands au monde, une patinoire olympique, des chutes d'eau. 100.000 visiteurs par jour, on ne s'y sent pas vraiment seuls.


Le soir, le lac artificiel (énorme, cela va sans dire) accueille un spectacle son et lumière (mieux que le Bellini de Las Vegas, bien sûr) toutes les demi-heures.

Que devient le touriste, dans ce binz familial ?
À Dubaï, il est complètement perdu. La ville s’étend sur plus de vingt kilomètres de long. Les boulevards font quatorze bandes de large, les centres commerciaux ont la taille d’une petite ville. On peut y croiser des skieurs, des patineurs sur glace ou encore des requins. Un immeuble qui semble proche peut être à une demi-heure de marche, tant ses dimensions sont trompeuses. C’est la ville de tous les excès, de l’hyper-luxe, des délires d’architecte.
Le Burj-al-Arab (Tour des Arabes), 320 mètres, est le seul hôtel 7* au monde. La plus petite suite mesure 120M2, la plus grande, 700. Pour passer une nuit dans la petite, comptez 3.500€. Là, tout en haut, c'est le restaurant et la piste d'hélicoptère pour y accéder. C'est de là que Tiger Woods a tapé la baballe et c'est là aussi que Federer et Agassi ont disputé une partie.  voir : https://www.youtube.com/watch?v=JpV6WULqLTw


Le Dubaï Frame, 150 mètres de haut, est positionné de telle sorte que le visiteur puisse admirer le Dubaï moderne d'un côté, et le patrimoine plus historique de la ville de l'autre côté.

À Abu-Dhabi, il est tout aussi bluffé, mais plus insidieusement. On pénètre dans la grande mosquée toute en marbre et pierres précieuses par un corridor sous-terrain de cinq cents mètres de trottoir roulant, un gratte-ciel est la réplique décuplé de la tour de Pise, le circuit de Formule 1 traverse l’hôtel, la montagne russe du coin est la plus rapide du monde (240 km/h), Le Louvre est plus intéressant que Le Louvre.



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Le Louvre présente à travers 13 salles à thème l'évolution de l'art sur les quatre continents. Les similitudes ou les différences sont mises en exergue de façon didactique et neutre, il faut le souligner. On y trouve des oeuvres chrétiennes, juives ou bouddhistes. Et même des nus!

À ce jeu, qui va gagner ? Réponse en 2020 : Mohamed va organiser l’Exposition Internationale de Dubaï. On en sera.                                                                                  Mais on fera aussi un détour par Abu-Dhabi. Kalifa va y inaugurer le Guggenheim.

Des gamins, je vous dis.

MM




mercredi 17 avril 2019

Maldives : good dives

Flag of Maldives

Malé, Maldives
4°10′ Nord 73°30 Est   UTC +5 Temp. : 31°
Distance  parcourue : 46.638 km, Waterloo à 8.587 km.

J’ai qualifié plus tôt la Thaïlande d’ambiguë (maltraitance des tigres et des éléphants à touristes, tourisme pédophile) vu que le bouddhisme tolère tout ça d’un œil bienveillant. 
À cette aune, il faudra carrément qualifier les Maldives de schizophrène. 
Ici, c’est l’islam qui règne en maître. Et pas n’importe lequel : charia. 
Malé, la capitale, est l’une des villes les plus densément peuplées de la planète : 
27.000 habitants au km2, pire que Hong-Kong. Les eaux aux alentours sont jonchées de plastiques et l’île poubelle déverse ses fumées fétides sur la ville. 99% des touristes arrivent par avion. Fastoche. 
 Pour eux, la capitale, ça ne sera jamais Malé, mais bien son aéroport, super clean, où des affichettes condamnent l’usage de gobelets en plastique et promeuvent les pailles en carton recyclé. À partir de là, ils rejoignent leur île, soit en bateau si elle est proche, soit en hydravion si elle est éloignée. 
L’hydro-terminal propose une centaine de destinations et ressemble au parking d’un hyper Carrefour. Ça décolle sans cesse. 
Bref, ce que je veux dire, c’est que le touriste lambda ne voit JAMAIS un Maldivien. 
Dès son arrivée, il est pris en charge par du personnel international, qui boit, fume, ne porte pas le voile et se fout d’Allah comme de sa première culotte. On n’a qu’une fois l’occasion de laisser une bonne première impression : c’est fait. 
Le croisiériste qui accoste à Malé fait tache. Il faut donc vite s’en débarasser. 
Sitôt à quai, on l’amène donc à l’aéroport (la capitale) où, ouf, on peut le coller dans un hydravion ou un speed-boat, pour qu’il ne foute pas le bordel dans ce paradis islamique en commandant par erreur une bière fraîche ou en montrant une cuisse toute blanche. 
Dans notre cas, ce fut un speed-boat. 
Pourquoi « speed » s’est-on demandé un moment ? 
Mais ayant vu un pilote de jet-sky lancé à pleine allure descendre de son engin alors qu’on le dépassait, se croyant soudain en panne (cf. les Dupondt, dans le Crabe aux Pinces d’Or), on comprendra vite qu’on avance TRÈS vite. 



Nous rejoignons donc en huit minutes l’île de Malahini, qui va nous accueillir pour une nuit. 
Vue de Malé depuis Malahini, le MSC Magnifica en rade, pour l'échelle.

Proche de la vilaine Malé (on la voit de loin), elle offre quand même tous les aspects de la carte postale traditionnelle : eaux cristallines, ceinture de sable blanc, oiseaux espiègles et poissons d’aquarium en pagaille, good dives. Plus on s’éloigne de Malé, et plus on s’approche du paradis. 
Mais ici, le purgatoire est déjà idyllique. 





À table, la gastronomie est triple : européenne, indienne et asiatique. Les vins sont australiens, le bar anglais. Un rêve. Le soir, les clientes en bikini applaudissent le coucher de soleil, un cocktail à la main. Oups, je corrige discrètement cette phrase écrite trop vite Les clientes en bikini applaudissent  le coucher de soleil, un cocktail à portée de main.  Allah n’a rien vu, tout va bien. Demain, elles rejoindront l’aéroport (la capitale) et puis l’Europe en se félicitant de ce beau séjour all-included dans un paradis vert et ouvert. En parfait déni de conscience.

MM

samedi 13 avril 2019

Colombo : Tuk it easy

Vous avez vu le fuseau horaire : GMT +5 ½. En clair, cette nuit, nous avons reculé nos montres de 30 minutes. Nous avons déjà vécu des choses spéciales lors de ce tour du monde, mais ceci, ça aura droit à une place sur le podium. Cela ressemble tellement fort à un compromis à la belge que je suggère que,  lorsque l’Europe décidera d’adopter ou non l’heure d’été, la Belgique adopte l’heure d’hiver +½  heure. Soit Londres : midi, Bruxelles : midi et demie, et tous les autres : 13 heures.

Colombo, Sri-Lanka
6°55′ Nord 79°50′ Est   UTC +5½ Temp. : 33°
Distance  parcourue : 45.871 km, Waterloo à 8.394 km

Ça avait pourtant mal commencé. Ayant réservé depuis un an une excursion en tuk-tuk avec un jeune Français résidant à Colombo, nous savions que nous devions le retrouver à l’hôtel Galle Face à 9 heures. Seulement voilà, sans internet, comment savoir où se trouve l’hôtel ? Et de plus, le Magnifica s’accastille dans le port à conteneurs, à 4 km du centre, dont 1 à l’intérieur de la zone franche. Tout va cependant s’arranger. Une fois descendus, nous tombons sur un sympathique taximan qui nous propose de nous  emmener à l’hôtel pour 25$. Le jeune Français nous avait annoncé que la course coûterait 200 Roupies, soit 60 cents. Le prix du taximan est donc simplement 40 fois plus cher. Suspicion (légitime), merci Monsieur, ce sera pour le pigeon suivant. Vindicatifs, nous poursuivons notre course, prêts s’il le faut à parcourir les 4 km à pied. Bien vu, dix mètres plus loin, un sympathique chauffeur de bus nous demande s’il peut nous amener gratuitement à l’hôtel Kingsbury. C’est loin du Galle Face ? 
No. 
On monte ? 
On monte. 
Arrivés au Kingsbury, le concierge nous montre le Galle Face, un peu plus loin, en bord de mer. Nous y arrivons festina lente à 8 heures 59. Olivier nous y attend. C’est pas beau, ça ?
Seulement neuf heures, mais il fait déjà très chaud, j’ouvre donc une parenthèse rafraîchissante : le Raffles de Singapour est le premier hôtel ouvert par les Anglais en Asie, et le Galle Face de Colombo (https://gallefacehotel.com/), inconnu (en tout cas pour moi), est le deuxième: 1864. Le même charme british, vaisselle d’époque, ventilateurs au plafond, portier en uniforme Sergeant Peppers.


Aux murs, les photos des innombrables célébrités qui y ont logé : Churchill, Hemingway (dès qu’il y a un bar sympa, où que l’on soit, on le retrouve à tous les coups), Che Guevara, Tito et… Roger Moore, avec son pistolet d’or. La différence, c'est le prix 750$ la nuit au Raffles, 150$ au Galle Face.
Et c’est parti pour un tour des coulisses de Colombo, avec Olivier en cornac et Samir aux commandes du tuk-tuk kamikaze. Le Cobra de Walibi ou le Big Thunder de DisneyWorld, ce n’est rien à côté de dix minutes dans les rues de Pettah. Tout ça par 34°, garanti, plus un poil de sec à l’arrivée.
Ça sauterait aux yeux d’un cyclope, le mec est connu de tout le quartier. Donc, on se promène d’un grossiste en épices à un torréfacteur de café ou un négociant en thé pendant qu’il discute le coup avec ses copains qui nous offrent, dans l’ordre, de croquer des fleurs de muscadier, de boire un expresso cingalais ou de déguster un rare thé blanc.                   



De là, on file visiter un temple hindou dédié à Shiva, celui-là même qui a inspiré Spielberg pour le tournage au Sri-Lanka d’Indiana Jones et le temple maudit (tiens, encore un lieu de tournage). Sautant en chaussettes de pierre brulante en dalle surchauffée, saluant au passage les vaches sacrées, j’arrive enfin à l’entrée. Olivier connaît les moines, évidemment, et nous présente. On en ressort un peu plus tard, bénis par Shiva himself,  un bras rouge pour Marie-Christine, un bras blanc pour moi, le troisième (blanc) pour Olivier, et le quatrième, discret, dissimulé astucieusement  derrière le dos.

À la sortie, surprise : la salle des mariages est occupée, un mariage va avoir lieu, les invités arrivent. Extraordinaire hospitalité hindoue, ils nous invitent à entrer. Les dames (de tous âges, la petite-fille accompagne sa grand-mère) sont toutes fières de se faire photographier dans leurs beaux saris de cérémonie. La grand-mère, toute dent dehors (c’est la triste réalité de l’orthographe) prend visiblement son pied.
Direction : le marché. Dis-donc, Olivier, fait un peu soif, non ?
On se retrouve donc attablés, sur un roof-top autoproclamé, à l’ombre d’un caleçon qui sèche, à boire une « Lion », la bière locale, et à contempler l’inextricable bordel qui se déroule à nos pieds comme les commentaires off d’un reportage CNN. 


Le serveur, qui a probablement  des dons extralucides, nous amène des petits poissons frits. (Pensée sadique : dire qu’il y a 500 MSC dans des cars qui photographient le Monument à l’Indépendance et le Palais du Gouverneur en ce moment).
Au sortir, Marie-Christine, qui a une brique dans le ventre, a encore un petit creux. Mais au Sri-Lanka, ils n’ont pas de briques, uniquement des topazes. On se retrouve donc dans une briquettererie sri-lankaise, où pour entrer, il faut sonner et introduire un code. 

L’air y est quinze degrés plus agréables qu’à l’extérieur, le personnel souriant et multilingue, les prix évanescents. Une heure plus tard, les poches alourdies de topazes et le portefeuille délesté de quelques briques, nous remontons à bord.
Moralité : visiter une ville avec un local compétent et sympathique peut transformer une escale autrement sans intérêt en une addition complexe d’expériences sensorielles. Colombo ne sera jamais un « autre stop », mais bien le souvenir d’un slalom en tuk-tuk, du goût de l’arabica à Patta, de l’odeur des vaches sacrées melée à celle de l’encens, de la dent noire de la grand-mère en sari et de la fraîcheur des topazes au creux de la main. Comme dirait l’inspecteur éponyme, je vais demander à ma femme.
MM





mercredi 10 avril 2019

Phuket : L'homme au pistolet dort


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Phuket, Thaïlande
7°53′ Nord  98°23′ Est    UTC +7 Temp. : 33°
Distance  parcourue : 43.702 km, Waterloo à 9.619 km

Osons le dire : le pays est un peu ambigu. Côté Jekyll, c’est le pays du sourire, le bouddhisme tranquille, le refuge de l’éléphant bleu. Côté Hyde, c'est l’exploitation des femmes et des enfants, la maltraitance des animaux et la pollution à tous vents. Mais ici, dans le cadre de ce blog, pas de polémique, je ne m’y attarderai pas.


Phuket restera donc la perle de l’Océan Indien qu’elle est sensée être.                                   On ne le saura cependant jamais, car le bateau jette l’ancre à Pattong Beach, éloignée de 15 km du centre où nous n'irons jamais, car cela requiert 45 minutes de taxi dans les embouteillages.
 Rejoindre la côte en chaloupe de sauvetage est toujours un peu rock and roll et ce ne sera finalement qu’en fin de matinée qu’on mettra pied à terre. 
Passés les dizaines de taximen qui proposent des tours de l’île avec des cartes en plastique comme les restos grecs proposent des zatzikis et des taramas, nous voilà dans le centre ville. Rien de vraiment intéressant en fait. Pour faire simple, c’est une succession vite lassante de restaurants  (hamburgers, fish & chips, soup of the day) et de salons de massage (foot massage, head massage, et pas sage massage). Dans le tas, on repère quand même le marché, où des boutiques de fruits, de légumes et de poissons y proposent de cuisiner leurs produits que l’on peut consommer un peu plus loin, arrosés de Singha, la bière locale. Impeccable, on note tout ça pour ce soir. 
Potage sur mesure
Choix de fruits de mer
Le tout à déguster ici
À côté, une boutique « Armani fashion international tailors » nous propose de réaliser des chemises en 24 heures. Armani, mon œil, mais 24 heures, ça me tente. J’y passe une heure et commande six chemises sur mesure à livrer demain même heure.
Le soir, comme prévu, régal : un Tom Yam Kum étalon (= le Parfum d’Asie de Waterloo et l’Elephant Bleu d’Uccle devraient passer par ici pour l'inspiration), des crevettes tigres, des brochettes de crocodile… Explosion de saveurs.



Le lendemain, la Baie de Pang Nga, rendue célèbre par le James Bond qui y fut tourné : «L’homme au pistolet d’or ». (Parenthèse : un des pires, avec un Roger Moore peu convaincant –il ne le sera jamais- et un méchant –Christopher Lee alias Scaramanga). 

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The man with the golden gun (1974)

Je ne sais pas à quoi elle ressemblait avant le tournage, mais maintenant, c’est sûr, elle peut dormir sur ses lauriers, des dizaines de barques la parcourent toute la journée et les restaurants flottants font le plein. Ce n’est pas la première fois, dans cette croisière, que l’on se retrouve dans des endroits qui ont été immortalisés par des tournages. Comme quoi, un bon coup de pub peut aider pour des dizaines d’années (quarante-cinq, dans ce cas-ci, ça ne nous rajeunit pas) .  Aujourd’hui, c’est calme, nous sommes quasi seuls. Mais je n’ose pas imaginer la haute saison. 
Côté paysages, c’est sublime, il n’y a pas un rocher 007, mais des milliers de concrétions karstiques qui balisent toute la baie. C’est magique, une fois de plus.


Retour via un temple bouddhiste tapi dans une grotte. On s’y sent à l’aise. On n’a pas peur d’y faire un pas de côté ou de photographier un tabou. Des singes gambadent de tous côtés.

Mes chemises sur mesure sont prêtes, monogrammées MM, c’est ma fille qui va être contente de récupérer mes anciennes. Une dernière Singha avec un copain, et hop, à bord, en route pour le Ceylan et de nouvelles aventures !
Big Buddah (de fait, 40M de haut)

MM




vendredi 5 avril 2019

Kuala-Lumpur, point-barre.


Kuala Lumpur, Malaisie
3°8’′ Nord 101°41′ Est   UTC +8 Temp.:32°
Distance  parcourue : 43.063 km, Waterloo à 10.241 km

Ben oui, fallait bien qu’on y passe. Entre Singapour, terre du futur, et Phuket, paradis vert, il était inévitable de faire escale en Malaisie. Nous y passerons en ces lignes autant de temps qu’elle mérite en réalité, soit très peu.
 Le Palais Présidentiel, vu du parking des autocars

Garde présidentiel, 1/500ème de seconde après l'irruption d'un touriste chinois

Nous y admirerons le Palais Présidentiel, délicatement orné de caractères arabes, à partir du parking. (Pour être honnête, mais quand même vicieux, l’alphabet officiel depuis 1960 est le latin…)
Nous y contemplerons les Tours Petronas, un entalement de boîtes de pois-chiches de 421 mètres de haut.

Et puis, le temps d’une carte postale,  nous nous en allalerons, merci d’être venus.


MM

mercredi 3 avril 2019

Singapore : a fine city

Singapour, République de Singapour
1°17′ Nord 103°51Est   UTC +8 Temp. : 32°

Distance  parcourue : 42.696 km, Waterloo à 10.567 km

Le jeu de mots n’est pas de moi, il apparaît sur tous les T-shirts de Chinatown, et je peux donc le décrypter et le resservir à souhait sans paraître ni lourd, ni cabotin. En anglais, fine signifie agréable, chouette. Singapour est une chouette ville. Personne ne dira le contraire. Mais fine signifie aussi amende. Singapour est la ville des amendes. Personne ne dira le contraire non plus. Traverser en dehors des passages pour piétons : amende. Fumer en rue ou, pire, jeter un mégot par terre : amende. Parler à plus de quatre personnes en même temps : amende. Cracher : amende. Mâcher du chewing-gum : amende. On n’osera même pas évoquer les délits plus graves. Adultère : coups de bâton. Vol, petite délinquance, dégradation de biens publics : amende, prison et beaucoup de coups de bâton. Il se dit que, si le condamné tombe dans les pommes de douleur, on arrête de le frapper, on attend qu’il revienne à lui, et on lui administre le solde. Traffic de drogue : pendaison (c’est écrit sur notre carte de débarquement). Résultat : la ville est propre, personne ne crache ni ne fume, les voitures s’arrêtent avant même que vous ne vous engagiez sur le passage à piétons, les gens sont honnêtes et tout fonctionne nickel.

Il y a un peu plus de dix ans, apparemment, la ville était encombrée et polluée. Depuis lors, à coups de plantations tous azimuts et de politiques de transport en commun (métro efficace et bon marché, taxis modernes, propres et pas chers du tout, voitures privées hors prix - les plus chères du monde-), l’air est respirable (pour rappel, on est quand même sur l’équateur), la température a été abaissée de deux degrés et il y a des fleurs partout.

Depuis ce matin, on a l’impression de vivre dans « Avatar » de James Cameron. Le jardin aux orchidées n’est pas une serre, mais un vaste parc public. Des orchidées partout : au sol, en parterres, accrochées aux arbres, sous des tunnels. Des classiques, des énormes, des minuscules, des vertes, des noires. Personne n’y touche (amende), sauf les papillons, aucun pétale au sol (jardiniers en pagaille), on s’attend à voir surgir de grands avatars bleus surgir à tout moment.

La visite de « Gardens by the bay » renforce l’inévitable comparaison avec « Avatar ». Un architecte génial a créé de grandes structures arborescentes envahies de végétation et reliées par une passerelle qui serpente entre elles à vingt-deux mètres du sol. Impressionnant.                                                                                                                     
La nuit, cela se sublime en un spectacle magique, au son des classiques les plus solennels ou émotionnants. Réellement bluffant...



Pour achever de convaincre le touriste déjà vaincu par tant de beauté, il restait la visite des serres. Ici, sous l’équateur, elles sont air-co… Passons sur la plus petite, qui ne fait  que deux hectares et n’abrite que des baobabs immenses, des cerisiers du Japon rares et des oliviers centenaires pour nous concentrer sur la plus grande, « Cloud forest », qui abrite la montagne d’Avatar itself. Il nous faudra plus d’une heure pour parcourir la passerelle qui l’entoure, passant et repassant devant et sous les cascades, les fougères, les lianes, les orchidées, les fleurs les plus improbables. C’est bluffant, je n’ai jamais rien vu de pareil. Même les Américains peuvent venir prendre des leçons.





Et ils feraient bien de venir rapidement : à la galerie « Art et Science », les petits écoliers singapouriens jouent avec les technologies de demain. En bref, avec des ordinateurs sans clavier ni écran. Plus précisément, le clavier est n’importe quoi (une table par exemple) et l’écran n’importe quoi aussi (ici, un mur). S’ils posent deux maisons sur la table, elles apparaissent sur le mur et l’ordinateur les relie par une route. S’ils dessinent  une voiture, elle apparaît sur le mur et roule entre les deux maisons. Leur petite camarade a dessiné une petite fille habillée de rouge, elle se retrouve au mur jouant avec le lion dessiné par son voisin. 

Plus loin, les gosses marchent sur l’eau d’un étang virtuel d’un are en effrayant les poissons virtuels dudit étang… J’avais déjà lu dans Science et Vie des articles sur cette avancée informatique, mais la voir là, exposée dans un Mall commercial, ça donne à penser. En Europe, on débat encore sur des questions d’un autre siècle,  tandis qu’ici des gosses de six ans se familiarisent déjà avec des technologies prototypiques… Qui va dominer le monde de demain, Madame Trucmuche?


Il reste des endroits magiques à Singapour. J’entends magique autrement que par la technologie ou l’écologie. Le Raffle’s en est un. Créé en 1889 au nom du Britannique qui développa la colonie, c’est l’hôtel mythique du coin. Fatigués par tant d’émotions, nous y sommes allés pour y déguster le Singapore Sling, un cocktail que je décrirai un autre jour si j’ai le temps. Mais, pour faire court (il se fait tard), j’ajouterai encore deux choses : 1. Il est très bon, et 2. Traditionnellement, on le déguste avec des cacahuètes servies en coque, et c’est le seul endroit de Singapour où l’on peut jeter des déchets à terre. Le sol du Raffle’s est donc jonché de coques de cacahuètes.  Very British ! 
MM